Ca fait un moment que je voulais poster à ce propos.

Petit retour en arrière.. En 2011, soirée enre copines de fac, on bossait nos mémoires, pause pizza, on discute de tout, chiffon, soucis, travail, films, séries.

A un moment je ne sais plus qui parle de ses soucis avec son mec, je comprends assez vite qu'elle souhaite des conseils "en dessou de la ceinture" et commence à parler avec elle, sans vulgarité, avec des mots bien choisis. Sur le moment je n'ai senti aucun malaise, je pense même avoir été de bon conseil.

Erreur.

Le lendemain, une à une, les filles (qui n'ont pourtant pas suivi la conversation car j'avais pris la copine entre 4 yeux) me sermonent "ca va pas ou quoi de parler de cul comme ça ?" ( 1 c'est pas moi qui ai lancé le sujet, 2 je n'ai à aucun moment été vulgaire) "Tu te rends compte qu'elle devait être super mal à l'aise ?" (non désolée j'ai pas eu cette impression !) finalement la fois d'après, je me suis permis de dire que je ne pensais pas avoir été déplacée mais que certaines oreilles avaient un peu trop écoutées car.. La copine qui m'avais demandé conseil était la seule à ne pas m'avoir houspillée, au contraire, elle m'a remercié une semaine après par sms.

Ca aurai pu s'arrêter là. Sauf que j'ai été un bon moment étiquetté comme la fille "qui parle de ça", celle qui doit avoir des moeurs légères, celle qui n'a pas froid aux yeux..

Je me suis peu à peu écartée de ces "amies" et j'ai gardé contact uniquement avec la copine qui avait demandé conseil et qui a compris la connerie de la situation.

 

J'ai souvent repensé à ce qu'il s'était passé.

Je me suis demandé si j'avais à un moment ou un autre montré des signes négatifs de ma personne, sauf que je n'ai rien trouvé. Je ne parle pas de sexe ou de mon expérience personnelle à n'importe qui, susrtout pas en soirée, je ne pense pas avoir des attitudes lascives ou faire des sous entendus grossiers.

Du coup j'ai laissé tombé.

 

Voici l'an 2017.

Une autre soirée, un autre cercle de filles copines. Le tout se passe sur Facebook, en discussion privée; L'une d'elle raconte son expérience au salon de l'érotisme le week end précédent, et nous montre les photos. Une autre  parle de romans érotique qu'elle lit et adore, elle tient même une liste de tout ceux qu'elle lit et poste sur un forum qui parle de ça. La troisième lance l'invitation d'aller voir en avant première le deuxieme 50 nuances qui sort bientot, vantant la soirée reservée aux filles uniquement et les cadeaux coquins offerts.

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Et là je me suis souvenu de la soirée de 2011.. Et j'ai senti un tel changement.. Un besoin d'étaler sa vie sexuelle, ses ébats, ses envies, les sextoys que l'on possède ou désire, les collections de menottes ou de livres érotiques; pourquoi d'un coup c'est devenu tellement tendance d'exposer sa vie sexuelle ?

Et surtout cette impression que plus c'est déluré, plus on est une fille hype et cool, comme si faire la brouette sénégalaise etait le signe que vous êtes une fille super ?

Forcément je suis restée en retrait de la conversation, réfléchissant à ce que j'ai écris plus haut.

Et au moment ou l'une d'entre elle me propose le fameux ciné, je refuse, poliment. Les filles ne comprennent pas, "t'es coincée ? t'aimes pas ça ?"

Rien à voir ! je dis la vérité, à savoir que j'ai vu le premier par curiosité et que j'ai trouvé ça nullissime ! j'ai lu les livres, j'ai aimé l'histoire, la vraie histoire pas celle de cul qu'on se tape pendant 1000 pages en tout, mais plus sur les personnalités complexe de Christian et Anastasia et je déplore que lors de l'adaptation on ai délaissé ce qui faisait le charme de la trilogie.

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Gros blanc.

"ouai t'aimes pas trop CA, on a compris".

*soupir*

Voilà donc que de la dévergondée je suis devenue la coincée de service, tout ça parce que je ne partage pas l'engouement pour la sortie d'un film "émousitillant" et que je n'aime pas le déballage des salons de l'érotisme.

J'ai commencé à chercher un peu partout si j'étais la seule à noter cette évolution dans les moeurs.

Visiblement non, et c'est plutot rassurant. Le truc le plus dangereux étant selon moi cette image de la femme que l'on est en train de créer, plus elle couche plus elle est "devergondée" plus elle est génial.

Cette évolution a selon moi démarré dans les années 80 quand dans les pubs quand on mettait une femme nue aussi bien pour un gel douche que pour un yaourt. Le corps de la femme a été exposé partout dans la presse.

Maintenant on est une "fille qui sait profiter de la vie" quand on couche le premier soir et s'en vante, ou quand on collectionne les amants d'un soir, on est "rigolotes et cool" quand on collectionne les sex toys, on est "ouverte d'esprit" quand on pratique le bondage et le sado masochisme (d'ailleurs il y a un vrai marché en France qui s'est ouvert avec les objets sado maso surtout sur le net)

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Et cela a plus d'impact qu'on ne le pense.

Aux USA par exemple (qui ont toujours 10 ans d'avance sur la France) certains lycée pratique le "CODE X", les filles portent selon qu'elles soient vierges ou non des bracelets de certaines couleurs, et même la couleur varie selon les pratiques qu'elles acceptent. Quand un ado veut faire telle ou telle expérience, il va casser le bracelet de la fille, et les voici "obligé" de passer à l'acte.

Horrible.

Du coup je me demande si ca va arriver chez nous.. J'espère bien que non.

Je suis consciente que les ados ont les hormones en ébullitions, je suis même pour les distributeurs de capotes dans les lyçées et je soutiens le planning familial qui aident les ados à obtenir une contraception.

Il est évident qu'à cet age là, la sexualité est une savoureuse découverte, mais elle doit être encadrée et il faut éviter les débordements avec les soirées "skin" et j'en passe.

Ce post n'est pas un coup de gueule, juste une reflexion que je voulais partager.